Politique
Maîtrise des coûts : efficacité plutôt que symbolique
Durant l’année sous revue, la pression constante sur les coûts s’est également fait ressentir dans les débats au Parlement. L’adoption du deuxième volet de mesures visant à freiner la hausse des coûts a représenté une étape importante. Le Conseil national et le Conseil des États ont finalement biffé du projet les « réseaux de soins coordonnés » prévus par le Conseil fédéral, permettant ainsi d’éviter la création de structures supplémentaires avec de nouvelles charges administratives au détriment des modèles de soins intégrés existants.
Sécurité de l’approvisionnement : entre pression sur les coûts et réglementation
En plus de ces débats d’ordre financier et structurel, les questions relatives à la sécurité d’approvisionnement ont pris une importance croissante en 2025. Dans le domaine des médicaments, la situation est tendue et les pénuries font désormais partie du quotidien. La pénurie de personnel qualifié est elle aussi omniprésente et continue sa progression au fil de l’évolution démographique. Pour couvrir durablement ses besoins, la Suisse doit former davantage de médecins, notamment en créant des places d’études supplémentaires et en augmentant le nombre de postes de formation postgraduée dans le secteur ambulatoire. D’autres mesures seront encore nécessaires pour renforcer nos capacités en matière de formation et réduire notre forte dépendance à l’égard de l’étranger, par exemple en allégeant la charge administrative afin de libérer des ressources pour la formation et la prise en charge. Le Parlement a cherché des solutions, mais a régulièrement eu tendance à privilégier de nouvelles réglementations s’accompagnant d’une hausse de la charge administrative pour, selon lui, juguler les coûts.
Partenariat tarifaire sous pression
L’approbation, en avril, des structures tarifaires ambulatoires révisées par les partenaires tarifaires n’a pas mis entièrement fin aux exigences politiques visant de nouvelles interventions ou des conditions supplémentaires. Le nouveau système tarifaire ambulatoire validé par le Conseil fédéral fixe toutefois un cadre clair : la mise en œuvre, le suivi et le développement du tarif incombent désormais aux partenaires tarifaires. L’un des principaux avantages du nouveau système réside dans la possibilité de le faire évoluer chaque année en collaboration avec les sociétés de discipline médicale grâce à des procédures définies. Le Conseil fédéral et le Parlement n’ont donc en principe plus besoin d’agir. C’est désormais aux partenaires tarifaires de veiller à une mise en œuvre rigoureuse et efficace des travaux en cours. Réunis au sein de l’OTMA, ils ont adopté début juillet un ensemble de modifications urgentes pour la version du 1er janvier 2026, approuvé ensuite en novembre par le Conseil fédéral. Un signal fort en faveur du partenariat tarifaire.
Libre choix du médecin remis en question
Durant l’année sous revue, la pression sur les coûts s’est traduite par une remise en question de principes fondamentaux dans plusieurs autres domaines. Le Parlement a ainsi transmis au Conseil fédéral une motion visant à assouplir l’obligation de contracter dans la loi fédérale sur l’assurance-maladie (LAMal). La FMH a mis en garde contre les conséquences à prévoir : incitation à la sélection des risques par les assureurs-maladie, atteinte à la continuité des soins pour les patients souffrant de maladies chroniques et de polymorbidité, affaiblissement de la planification cantonale, insécurité juridique accrue et aggravation de la pénurie de personnel qualifié.
Parallèlement, la mise en œuvre de l’initiative populaire « Enfants sans tabac » dans le cadre de la révision partielle de la loi sur les produits du tabac a montré que des progrès sont possibles, même si la protection de la jeunesse n’a pas été appliquée de manière cohérente sur tous les points aux yeux du corps médical.
Action réussie contre les dérives bureaucratiques
En 2025, le Parlement a également discuté de la suppression de l’obligation de contracter pour les laboratoires. Le Conseil fédéral a proposé une modification de la LAMal afin que les tarifs des analyses de laboratoire ambulatoires soient à l’avenir négociés par les partenaires tarifaires. Si la FMH est favorable à l’idée de base d’une solution en partenariat, elle s’est opposée au projet concret, estimant qu’il aurait fortement limité les négociations au seul aspect du prix, sans tenir suffisamment compte de la structure tarifaire ni des différences entre les laboratoires de cabinet et les laboratoires mandatés, avec des risques pour l’efficacité des laboratoires de cabinet et, par conséquent, pour la médecine de premier recours. Des arguments qui ont également convaincu le Conseil des États.
Défense ciblée des intérêts du corps médical
En adoptant son plan d’action 2025-2027 en matière de relations publiques, la FMH a renforcé sa volonté de contribuer activement à façonner l’avenir du système de santé. Elle se positionne clairement comme un acteur compétent et ouvert au dialogue, défend ses intérêts de manière ciblée et, forte de plus de 70 organisations affiliées, exploite son potentiel selon le principe « one message, many voices », à l’aide de messages clés coordonnés.
Les consultations constituent un pilier essentiel de ce travail. En 2025, la FMH a remis dix prises de position à la Confédération, notamment sur la sécurité de l’approvisionnement, la transition numérique et la sécurité des patients, les produits thérapeutiques, la gestion des coûts et de la qualité dans l’assurance-maladie obligatoire, ainsi que sur les conditions-cadres dans le domaine des assurances sociales et des finances fédérales. Cette intervention en amont nécessite d’importantes ressources, mais reste essentielle pour faire remonter en temps utile le point de vue du terrain et l’impact sur les soins.
L’année écoulée a clairement montré la place prise par les coûts dans les débats, et donc l’importance de mener les différentes réformes avec discernement. La FMH continuera à s’engager de manière proactive, objective et constructive en faveur d’un système de santé de qualité, efficace et accessible, qui place les patients au centre de ses préoccupations et soutient les médecins dans leur mission.
